Inondée d’amour

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Tu attires les terres arides, les cœurs secs, que tu arroses pour y mettre la vie et la beauté. Ils t’épongent, t’essorent, mais tu es une fontaine de jouvence, tu les inondes. Et quand le désert qui les habite s’est transformé en une oasis luxuriante, ils construisent des barrages. La belle histoire devient mirage.

Alors tu déverses plus de larmes encore, elles pleuvent en cascade et bientôt c’est le déluge. Le tonnerre gronde, les éclairs t’éblouissent, cette tornade que tu as créée t’emporte. L’eau se répand, dans ta tête, dans ta gorge, dans ton ventre et tes poumons. Ton cœur se noie. Tu suffoques, paniques, cherches la sortie mais il n’y en a pas. Parce que la clef est enfouie en toi.

Elle est cette petite voie qui te murmure « ça va aller, aie confiance. Sens l’air qui entre dans tes poumons, sens les battements de ton cœur, tu es vivante, ça va passer ». Mais elle est si lointaine et étrangère, la peur fait trop de bruit, tu ne l’entends pas.

Tu regardes ce barrage, qui te parait de plus en plus grand et insurmontable. Tu restes là sans bouger, à créer des tempêtes en espérant ne serait-ce que le fissurer. Il s’éloigne et tu te sens impuissante. Il y a trop de nuages, tu ne le vois presque plus. Tu ne te rappelles pas ses roches, ses failles, sa terre stérile, son soleil brûlant. Tu te souviens juste des premières graines qui ont germées, de sa douce chaleur au matin, de l’immensité des rêves et des projets qu’une terre vierge peut offrir, de cet avenir plein de promesses.
Alors tu pleures plus fort, déverses des torrents de larmes, parce que rien ne t’effraie plus que le vide.

Mais tu n’as plus de forces. Le vide s’installe, le torrent devient un marécage boueux qui t’englue et chaque pas te parait insurmontable. Tu avances dans ce voile brumeux jusqu’à trouver un autre désert sur lequel déverser tes larmes.

La tristesse et la peur te sont familières, tu les connais bien et as appris à composer avec eux, tu les abreuves, ils grandissent et prennent de plus en plus de place. Pourtant le murmure t’appelle, tu te bouches les oreilles pour ne pas l’entendre. Il parle de plus en plus fort et te dit « ça suffit, tu as assez pleuré, remonte à la source et ferme les vannes. ». Tu ne lui fais pas confiance. Et s’il se trompait ? Si ça te faisait plus mal encore ?

Le murmure se tait et cherche d’autres chemins. Il pétille dans ton regard, met des paillettes dans tes larmes, dessine un sourire sur tes lèvres. Il te rassure et te montre le chemin, ruisselle dans tes veines, il jaillit de toi. Tu apprends à lui faire confiance, à te faire confiance. Tu te rends compte que tu es ton propre phare. Pendant ce temps, la peur dégouline. Le torrent devient rivière, la tempête une brise  légère. Le brouillard se dissipe et le soleil apparait.

Le chemin n’est pas facile, la peur est bien installée. Elle se bat, t’attaque en traitre, appuie sur ta tête et essaye de te couler. Pourtant elle ne peut plus rien, le murmure est plus fort, sa mélodie t’emporte et bientôt le désert te parait loin.

Tu arroses ton propre jardin, tu nourris la vie en toi, pour faire fuir les cœurs arides et apprendre à aimer enfin.

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